Enfant qui n’aime pas se salir : des jeux dehors qui lui conviennent
Tous les enfants n’ont pas envie de plonger les mains dans la boue. Certains adorent un dehors propre, sec et ordonné, et sont visiblement mal à l’aise avec des doigts collants ou une éclaboussure de terre. Si votre enfant n’aime pas se salir, vous avez sans doute l’impression qu’il passe à côté de quelque chose, ou que vous vous y prenez mal. Ni l’un ni l’autre. Beaucoup de jeux dehors riches et joyeux ne salissent pas du tout, et quand il vaut la peine d’apprivoiser un peu la saleté, cela se fait lentement, en douceur, jamais par la force.
Prendre ce rejet au sérieux
Chez certains enfants, le rejet de la saleté est surtout une préférence ; chez d’autres, c’est un vrai inconfort sensoriel. Le contact de la boue, du sable mouillé ou des feuilles gluantes peut être réellement désagréable pour un enfant sensible aux textures, comme certains bruits ou certaines étiquettes de vêtements dérangent certains adultes. Le traiter comme un caprice à ignorer se retourne généralement contre vous. Un enfant forcé à vivre une sensation qu’il déteste apprend que le dehors est un lieu redouté, l’inverse exact de ce que vous voulez.
Commencez donc par accepter. Quand un enfant n’aime pas se salir, le problème n’est ni le dehors ni votre enfant. La saleté est simplement un chemin parmi d’autres, entièrement facultatif. Il y a tout un monde de jeux dehors propres à vivre en attendant, et la pression est la seule chose dont on est sûr qu’elle aggrave la situation.
Plein de jeux dehors tout propres
Beaucoup d’activités merveilleuses de plein air gardent les mains propres. Courir, se poursuivre, jouer à se cacher. Les jeux de ballon : taper, lancer, attraper. La trottinette ou la draisienne. Grimper à l’aire de jeux. Regarder les nuages, repérer les oiseaux, chercher les avions. Souffler des bulles et leur courir après. Marcher et explorer, sans rien ramasser ou seulement des trouvailles propres et sèches, galets lisses et pommes de pin. Dessiner à la craie sur un trottoir sec. Aucune de ces activités n’oblige votre enfant à se salir le moins du monde, et toutes apportent mouvement, air frais et plaisir.
Misez sur elles, généreusement et sans la moindre trace de déception. Un enfant qui sent ses préférences respectées se détend, et un enfant détendu a bien plus de chances de s’approcher de la saleté à son heure qu’un enfant qui se sent acculé.
Apprivoiser la saleté, en douceur et sans obligation
Si vous souhaitez aider votre enfant à être plus à l’aise avec la saleté, procédez par toutes petites étapes, sans pression, en laissant votre enfant aux commandes. Commencez loin de la sensation, pas dedans. Regarder les autres jouer dans la boue avant d’y toucher. Tapoter la flaque boueuse avec un bâton ou un outil plutôt qu’avec la main nue. Sauter en bottes de pluie, la boue restant sur les bottes et pas sur la peau. Garder un chiffon ou des lingettes tout près, pour que votre enfant sache qu’il peut se nettoyer à la seconde où il le souhaite, ce qui, paradoxalement, le rend souvent plus courageux.
Avancez au rythme de votre enfant, et fêtez la plus petite étape. Toucher du sable mouillé du bout d’un doigt est une vraie réussite pour un enfant sensible aux textures. Ne le piégez jamais, ne le surprenez jamais avec un contact qu’il n’aime pas : cela casse la confiance et renforce le rejet. Le but est un enfant qui choisit d’explorer la saleté parce qu’il s’y sent en sécurité, pas un enfant qui la subit parce qu’il le faut.
Lui donner le sentiment de garder le contrôle
De petits détails pratiques font baisser l’alerte. Laissez votre enfant porter des gants ou des bottes si cela l’aide à se sentir protégé. Gardez lingettes, serviette et vêtements de rechange à portée, pour que le nettoyage soit rapide et sans drame. Laissez votre enfant mener : proposez l’option boueuse, et acceptez pleinement un non. Quand votre enfant sait qu’il peut refuser et se nettoyer quand il veut, le dehors cesse d’être un piège et devient un endroit auquel il peut se fier.
N’oubliez pas non plus le confort général. Habillez votre enfant selon la météo, prévoyez chapeau, ombre, crème solaire et eau aux beaux jours, et veillez à ce qu’il n’ait ni trop chaud ni trop froid, pour que l’inconfort ne s’ajoute pas à l’inquiétude de se salir.
Quand regarder d’un peu plus près
Pour la plupart des enfants, ne pas aimer se salir fait simplement partie du tempérament, et cela s’adoucit souvent tout seul en grandissant. Parfois, pourtant, les sensibilités sensorielles sont assez fortes et étendues pour peser sur la vie quotidienne. Si votre enfant est très perturbé par beaucoup de textures, de bruits, d’aliments ou de vêtements, si les repas, l’habillage ou la toilette sont une bataille quotidienne à cause des sensations, ou si vous remarquez qu’il évite un large éventail d’expériences ordinaires, une conversation tranquille avec votre médecin ou la PMI vaut la peine. Il ne s’agit pas de coller une étiquette à votre enfant. Il s’agit d’obtenir le bon soutien s’il en a besoin, et de vous rassurer sinon.
L’essentiel tient en peu de mots. Le jeu dehors n’a pas besoin d’être boueux pour avoir de la valeur. Quand un enfant n’aime pas se salir, respectez ce choix, remplissez ses journées des aventures propres qu’il adore, et ne proposez la saleté que comme une invitation douce et facultative, qu’il a le droit de décliner. Avec le temps, beaucoup d’enfants sensibles aux textures s’approchent spontanément de la flaque, à leur façon, ce qui vaut bien plus que toute la boue que vous auriez pu imposer.
À retenir: Respectez le rejet, misez sur les jeux dehors propres que votre enfant aime, et n’apprivoisez la saleté que par toutes petites étapes facultatives, dont votre enfant garde le contrôle.