Expliquer aux enfants les différents types de familles

Les enfants remarquent tôt les différences. Un enfant de maternelle remarquera qu’une copine a deux mamans, qu’un autre vit avec sa mamie, ou que la famille d’un camarade ne ressemble pas du tout à la sienne. La façon dont vous parlez des différents types de familles avec votre jeune enfant façonne deux choses à la fois : le sentiment de sécurité qu’il éprouve dans sa propre famille, et sa gentillesse et son ouverture envers celles des autres.

Commencer par ce que toutes les familles ont en commun

Le point d’ancrage le plus simple et le plus vrai, c’est l’amour et le soin. Quelle que soit sa forme, une famille, ce sont les personnes qui s’occupent de vous et qui vous aiment. Commencer par là offre aux enfants une définition claire et rassurante, qui contient sans peine toutes les variantes. Quand un enfant pose une question sur une famille qui paraît différente, « Une famille, ce sont les personnes qui s’aiment et prennent soin les unes des autres, et il y en a de toutes les formes » répond à la question et l’apaise en même temps.

Un langage simple et naturel

Les jeunes enfants prennent exemple sur votre ton. Si vous parlez d’une famille monoparentale, de deux papas, d’une famille adoptive, d’une famille recomposée ou d’un enfant élevé par Papi et Mamie avec la même voix calme et ordinaire que pour n’importe quoi d’autre, votre enfant apprend que tout cela est normal. Inutile d’organiser une grande conversation sérieuse. Pour bien en parler, traitez la différence comme quelque chose d’ordinaire, et non comme un sujet qui exigerait une gravité particulière.

Questions fréquentes et réponses simples

  • « Pourquoi elle a deux mamans ? » Parce que les familles ont des formes différentes, et c’est une chose heureuse.
  • « Il est où, son papa ? » Certaines familles ont un papa, d’autres non ; chaque famille est différente.
  • « Pourquoi il vit chez sa mamie ? » Beaucoup d’enfants sont élevés avec amour par Papi et Mamie.
  • « Ils sont vraiment frères ? » Oui ; une famille peut se construire de bien des façons, y compris par l’adoption.

Des réponses courtes, chaleureuses et honnêtes marchent le mieux. Inutile de tout expliquer, et il ne faut pas dévoiler la situation privée d’autres familles. « Chaque famille est différente, et c’est très bien » est un très bon point d’arrivée.

Décrire clairement votre propre famille

À côté de la compréhension des autres, les enfants ont besoin d’un sentiment clair et fier de la forme de leur propre famille, surtout si c’est une forme qu’on voit moins dans les livres et à l’écran. Nommez la forme de votre famille avec chaleur et sans vous excuser. Un enfant d’une famille monoparentale, recomposée, adoptive, homoparentale ou où plusieurs générations vivent ensemble doit entendre sa propre famille décrite comme complète et bonne, pas comme la version de quelque chose qui manquerait.

S’appuyer sur les livres et le quotidien

Pas besoin d’attendre les questions. Les albums qui montrent une grande variété de familles sont l’une des portes d’entrée les plus faciles : l’enfant y voit de nombreuses formes comme une simple partie du monde. Les moments du quotidien aident aussi : remarquer les différentes familles parmi les copains de votre enfant, avec douceur et bienveillance, élargit discrètement son idée de ce qui est normal. Se voir représenté rassure un enfant dont la famille est moins souvent montrée.

Les émissions, les films et les personnes autour de vous offrent aussi des occasions naturelles. Quand une histoire ou une vraie famille montre une forme différente de la vôtre, un petit commentaire joyeux comme « Dans cette famille, il y a un papa, et ils ont l’air heureux ensemble » plante l’idée que la variété est normale et bonne, sans jamais avoir besoin d’une conversation officielle.

Répondre honnêtement sur l’histoire de votre enfant

Si la famille de votre enfant comprend une séparation, un parent décédé, une adoption, un don de gamètes ou une famille recomposée, soyez honnête à sa hauteur et commencez tôt, pour que la vérité fasse simplement toujours partie de son monde plutôt que d’être révélée plus tard comme un choc. L’ouverture protège les enfants ; le secret enseigne la honte. Vous pouvez partager le cœur honnête de son histoire avec amour sans trop expliquer, et ajouter des détails en grandissant.

Faire face aux remarques blessantes

Parfois, un autre enfant dit quelque chose de blessant sur une forme de famille, celle de votre enfant ou celle de quelqu’un d’autre. Préparez votre enfant avec une phrase simple et assurée, comme « Ma famille est parfaite pour moi ». Rassurez votre enfant : sa famille est une bonne famille, et si les moqueries sur la forme de la famille continuent, parlez de la situation à la crèche ou à l’école. Les enfants méritent de sentir que leur famille est respectée, et les adultes doivent les soutenir fermement.

Quand demander du soutien

Parler des formes de familles est une part normale et saine de la parentalité. Parfois, pourtant, un changement dans la famille, comme une séparation, un deuil ou une nouvelle famille recomposée, provoque une détresse qui dure. Si votre enfant semble durablement triste, anxieux, collant ou renfermé, ou a du mal à s’adapter, parlez de la situation à votre médecin traitant, à votre pédiatre, à la PMI ou à l’école. Un soutien pendant une transition familiale aide les enfants à retrouver un sentiment de sécurité, et le demander tôt est sage, pas une faiblesse.

Pour conclure

Pour parler des différents types de familles avec de jeunes enfants, commencez par l’amour, gardez un langage calme et ordinaire, répondez aux questions simplement et honnêtement, et veillez à ce que votre enfant entende sa propre famille décrite avec fierté. Vous élevez ainsi un enfant enraciné dans sa famille et généreux envers celles des autres, exactement ce que demande l’appartenance dans un monde divers.

À retenir: Définissez la famille par l’amour et le soin, gardez un ton calme et quotidien, et nommez la forme de votre propre famille avec fierté, pour que votre enfant se sente en sécurité et reste bienveillant.

CDC, Positive parenting and healthy family relationships

NHS, Children and young people's mental health and wellbeing